Le 5 septembre a eu lieu la réunion annuelle au CNPP (prévue en juin, elle avait été reportée pour cause de réserve électorale).
Quatre membres du bureau de l’association CEVE y assistaient, pour échanger avec des représentants du CNPP, du GESIP (qui réalise les essais feux), de SUEZ (pour le suivi d’un ancien centre d’enfouissement de déchets dangereux sur le site), de la DREAL (Direction régionale de l’écologie), de l’ARS (Agence Régionale de Santé) et des communes impactées (la Chapelle-Longueville, Saint-Marcel, Saint-Etienne-sous-Bailleul et Mercey).
La réunion a commencé par un hommage à M. Vilcot, responsable départemental de la DREAL, décédé en juin dernier. Interlocuteur régulier et apprécié de notre association sur les dossiers suivis (SETOM, CNPP, …), il était intervenu à la fin de notre réunion publique sur la pollution des sources, le 21 février dernier.
L’ordre du jour était dense, nous avions comme à chaque fois transmis préalablement une liste de questions et requêtes. En synthèse, on peut retenir les points suivants :
1/ Résultats des analyses d’impact environnemental :
Il n’y a pas eu de surprises dans les analyses des eaux souterraines – notamment les sources extérieures au site. Les résultats de l’automne 2023 avaient été présentés lors de notre réunion publique, et ceux de début 2024 ne présentent pas d’évolution marquante. Deux sources sont fortement polluées (Chevriers et Château à Saint-Just), l’exploitant insistant sur le fait que les niveaux sont inférieurs aux taux de PFAS admis pour les eaux brutes. Nous avons rappelé la spécificité de cette pollution : un taux très élève de PFHxS (très fortement bioaccumulable) – cas quasiment unique en France.
Un point de satisfaction : notre demande récurrente concernant les valeurs de limites de quantification considérées dans la présentation des résultats (jusqu’ici trop élevées), a été prise en compte.
Nous n’avions pas encore eu de résultats concernant les analyses de PFAS dans les sols, demandées par CEVE en 2023 et réalisées. Elles ont été présentées, relativement à des normes en vigueur dans d’autres pays (il n’y en a pas en France). A première vue rassurantes, nous allons nous pencher plus dans les détails sur ces résultats : valeurs, lieux de mesures, …
Pas d’évolutions notables sur les autres résultats (air, retombées, …).
2/ Etudes en cours dans le cadre du nouvel arrêté préfectoral :
Un arrêté d’exploitation complémentaire (APC), datant de mars 2024, impose de nouvelles exigences à l’exploitant. Le rapport officiel de la DREAL l’accompagnant le justifie notamment par les évolutions défavorables de taux de PFAS en certains points de relevés, et les inquiétudes remontées par l’association CEVE et les maires de communes concernées.
Analyses complémentaires, modélisation du panache de la pollution, solutions pour la traiter, … les champs d’investigations sont très larges. Le CNPP a annoncé des travaux importants de nettoyage et curage des regards et autres installations – les travaux de 2018 ayant été incomplets… Les études devraient s’achever fin 2024, avec présentation des résultats au premier semestre 2025. Nous avons insisté pour une présentation au plus tôt.
Dans nos questions préalables, nous avions demandé des premières indications sur les résultats des analyses par la méthode « indiciaire par adsorption du fluor organique » (AOF), exigées dans l’APC et ayant dû être réalisées rapidement. Il permettent de connaître la quantité totale de perfluorés – les analyses réalisées jusqu’ici ne permettant de connaître celle d’une vingtaine de substances seulement… sur plusieurs milliers. Ils sont inquiétants, il semblerait qu’une quantité importante de fluorotélomères ait été ignorée jusqu’ici. Les conséquences sont à renseigner : ces produits sont-ils « biodégradables », comme cela a été dit en réunion… ou vont-ils se dégrader en substances toxiques – crainte que nous avons exprimée en séance ?
3/ Fumées et analyses complémentaires :
Deux autres points ont suscité des débats.
Le maire-adjoint de Saint-Marcel présent a exprimé les inquiétudes des riverains concernant les fumées. L’exploitant a répondu par les résultats des analyses de retombées, ne montrant aucun impact particulier. L’association CEVE a rappelé que des exigences sur le sens et la vitesse des vents s’appliquent avant les essais feux.
Enfin, nous avons renouvelé notre demande que des analyses de productions locales soient réalisées (œufs, légumes, …). La question a été (re)prise par l’ARS – nous l’avions déjà sollicitée sur ce point en mai. A suivre, donc.
L’équipe de CEVE est à disposition pour tout renseignement complémentaire.