Le 21 février, plus de 50 personnes ont assisté à la réunion publique visant à informer et échanger sur la pollution des sources aux PFAS (« polluants éternels ») sur notre territoire.
Plusieurs élus, dont Mme la Maire de la Chapelle-Longueville, étaient présents. Des représentants de la DREAL avaient fait le déplacement et ont pu intervenir lors de la séance de questions / réponses. Plusieurs associations locales étaient représentées.

La réunion a eu lieu en quatre temps :
- L’association CEVE a présenté le contexte de la réunion publique : une pollution connue et suivie depuis 2014, liée à l’utilisation de produits d’extinction d’incendie sur le site du CNPP. Un certain nombre de mesures avaient alors été décidées par les autorités, notamment l’arrêt de l’alimentation de Saint-Just par l’eau de la source Chevriers, dès 2015. Les autorités sanitaires expliquent que ces mesures avaient été prises par « principe de précaution », les taux de PFAS mesurées étant inférieurs au seuils de toxicité reconnus – ils n’ont pas changé à ce jour. Cependant, en 2023, des rapports officiels et articles de presse ont questionné cette vision des choses, la toxicité des PFAS semblant très sous-estimée. De plus, la contamination de la source de faiblit pas, malgré l’arrêt d’utilisation de produits à base de PFAS sur le site depuis 2022. L’association CEVE a alors de nouveau interpellé l’Agence Régionale de Santé (ARS), et cherché à contribuer à l’information de la population.
- Louis Delon, du collectif Ozon l’Eau Saine (qui agit sur les problèmes de pollution dans la région lyonnaise), a ensuite expliqué ce que sont les PFAS : une famille de composés chimiques non présents dans la nature, très répandus dans les produits de la vie courante… et dont la toxicité est désormais avérée. Certains des PFAS, dits « à chaîne longue », ne se dégradent que très lentement dans la nature, et sont fortement bioaccumalables : par exemple, l’organisme humain mettra des années à éliminer les PFHxS – hélas les composés majoritaires dans l’eau des sources contaminées de notre territoire. Des explications ont été apportées sur les normes et seuils de toxicologie actuellement considérés en France, et leurs insuffisance en référence à ceux considérés dans d’autres pays.
- Par la suite, l’association CEVE a fait le point sur la situation locale. Quatre sources étaient régulièrement surveillées, sur le Froc de Launay, Saint-Pierre et Saint-Just. Seule celle de Saint-Just présentait des niveaux dépassant les limites de quantification, et dépassant très largement (x7) la future réglementation sur les eaux de consommation. A notre demande, d’autres relevés ont été faits et les résultats connus très récemment : la source de l’allée du château présente des niveaux proches de ceux de Chevriers dont elle est proche. La source Saint-Martin, à la limite de Saint-Just et Saint-Marcel, ne présente que des traces de PFPeA. Pour terminer, nous avons émis le souhait que le diagnostic de la contamination soit approfondi, pour commencer par des analyses d’œufs produits sur place sur le modèle de ce qui a été entrepris dans la vallée de la Chimie. Mais ceci nécessite des moyens dont l’association ne dispose pas à ce jour.
- La séance de questions / réponses a permis d’approfondir plusieurs points abordés en séance, avec la participation de Louis Delon et d’un responsable de la DREAL. Notamment, le suivi sanitaire des populations concernées, déjà demandé par CEVE sans suite favorable de l’ARS. La situation est identique en région lyonnaise : une grande enquête vient d’être lancée à l’initiative de la Métropole, et pilotée par un institut indépendant. La question de la diffusion des PFAS par les fumées a été de même évoquée. Des analyses des sols ont été réalisées, mais nous n’en avons que des résultats très partiels, à priori rassurants mais à confirmer. La DREAL a informé qu’un arrêté complémentaire est en préparation, pour que des mesures de diagnostic et traitement complémentaire des PFAS soit mis en œuvre.
La réunion publique s’est arrêtée vers 22h20… alors qu’il devait rester beaucoup de questions. Sans nul doute que d’autres rendez-vous seront à prévoir !
Vous retrouverez prochainement une page spéciale de notre site internet détaillant des ces informations.
